Nous vivons une époque extraordinaire, où le mot Abracadabra a quitté le domaine de la magie pour devenir une réalité portée par l’intelligence artificielle (IA). Du divertissement à l’éducation, du travail à bien d’autres domaines, l’IA s’est introduite dans presque tous les aspects de nos vies, transformant notre façon de penser, de créer et d’interagir. Certains affirment que les machines deviennent plus intelligentes tandis que les humains le deviennent moins. Je ne partage pas ce point de vue. Je crois plutôt que l’alliance de l’ingéniosité humaine et des capacités de l’IA peut ouvrir des possibilités inédites à l’humanité.

Tout au long de l’histoire, nos capacités humaines et cognitives ont été consacrées à la survie : chasser, cueillir et résister à des conditions difficiles. Puis sont venues les étincelles de l’innovation : produire du feu, irriguer les cultures et construire des abris. Ces étapes ont marqué un progrès lent mais considérable, chaque avancée nécessitant des générations, voire des siècles.

Tout a changé avec Internet dans les années 1990. Le progrès, autrefois lent et régulier, s’est mis à courir. Aujourd’hui, nous avons atteint une nouvelle frontière : un monde où nous pouvons dire aux machines ce que nous voulons et où, comme par magie, elles le réalisent. Allumer la lumière ? Abracadabra. Une chanson préférée ? Abracadabra. Prendre une photo ? Abracadabra, c’est fait. Concevoir ou créer une œuvre ? Abracadabra, elle apparaît, avec d’innombrables possibilités de retouche et d’amélioration.

C’est comme si l’humanité avait découvert une lampe de génie aux vœux infinis, dont la seule limite serait notre imagination.

Le prochain chapitre de l’humanité

Imaginez un monde où nos capacités cognitives ne seraient plus épuisées par des tâches répétitives et fastidieuses. Et si les machines s’occupaient de la routine, nous laissant libres d’explorer toute notre créativité et notre capacité d’innovation ? Le potentiel donne le vertige.

Si l’IA prend en charge les corvées et le traitement des données, nous pourrions explorer des territoires inconnus des sciences, de l’art et des relations humaines. L’alliance de la créativité humaine et de la puissance de calcul de l’IA pourrait conduire à des avancées que nous ne pouvons pas encore imaginer.

Au-delà de la question éthique, que je suis convaincue que nous saurons bientôt mieux appréhender, il ne s’agit pas d’une « magie » qui remplace l’humanité. Il s’agit de retrouver notre propre magie : notre capacité innée à nous émerveiller, à créer et à nous transformer. La vraie question est : que choisirons-nous de faire ensuite ?